Malika Gaïd - De soignante à combattante de la Révolution

Malika Gaïd, infirmière sage-femme et moudjahida algérienne qui a mis son savoir médical au service de la Révolution. De sa formation à son engagement dans le maquis de la Wilaya III, retour sur l’histoire d’une jeune femme dont le courage et le sacrifice témoignent du rôle des femmes dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.
Née le 24 août 1933 à Belouizdad, Malika Gaïd est une infirmière sage-femme et moudjahida algérienne dont le parcours témoigne de l’engagement des femmes dans la guerre de Libération nationale. Formée pour soigner, elle choisit de mettre ses compétences au service de la Révolution et des combattants de l’Armée de libération nationale.
Une enfance marquée par les convictions indépendantistes
Malika Gaïd grandit dans une famille attachée aux idées indépendantistes. Après ses premières études à Alger puis à Bordj Bou Arreridj, elle poursuit sa formation à l’école paramédicale de Sétif, qu’elle intègre en 1948.
En 1951, elle obtient son diplôme d’infirmière sage-femme. Elle exerce ensuite dans plusieurs régions d’Algérie, notamment à Kherrata, Bougaa et Guenzet. À travers son métier, elle acquiert une solide expérience médicale qui lui sera précieuse quelques années plus tard.
De soignante à combattante
Avant même de rejoindre le maquis, Malika Gaïd apporte son soutien aux moudjahidines, notamment en leur fournissant des médicaments.
En 1955, à la suite de l’appel du colonel Amirouche Aït Hamouda, elle rejoint le maquis et intègre les rangs de l’ALN dans la Wilaya III. Son engagement prend alors une nouvelle dimension : elle met ses connaissances médicales au service des combattants blessés et participe aux soins dans des conditions particulièrement difficiles.
En 1956, elle assiste également au Congrès de la Soummam, événement majeur dans l’organisation de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.
Un engagement jusqu’au sacrifice
Malika Gaïd poursuit son engagement aux côtés des combattants jusqu’en 1957. En juin de cette même année, alors qu’elle n’a que 24 ans, elle trouve la mort près de M’Chedallah, dans une grotte aménagée en hôpital pour soigner les combattants blessés.
Jusqu’à ses derniers instants, elle reste auprès de ceux qu’elle avait choisi de soigner et de soutenir. Son parcours illustre ainsi une autre dimension de la participation des femmes à la Révolution : celle de soignante, mais aussi de combattante engagée aux côtés de l’ALN.
Une mémoire qui demeure
Par son parcours, Malika Gaïd incarne le courage et le sacrifice de toute une génération de femmes algériennes qui ont pris part à la guerre de Libération nationale.
De l’école paramédicale au maquis, elle a transformé son savoir médical en un véritable engagement au service de la liberté. Décédée à seulement 24 ans, elle laisse derrière elle le souvenir d’une jeune femme qui a choisi d’aller jusqu’au bout de ses convictions.
À travers son histoire, c’est aussi la mémoire de nombreuses femmes de la Révolution que l’on continue de transmettre : des femmes qui ont soigné, accompagné, résisté et combattu, chacune à leur manière, pour l’indépendance de l’Algérie.

